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Ce matin en Commission de la pêche, j’ai dénoncé la situation de l'industrie du thon en conserve en Papouasie Nouvelle Guinée.

 

Ce pays est un membre du Groupe ACP et un partenaire traditionnel de l'UE et il bénéficie à ce titre d'un accès préférentiel au marché européen, c'est-à-dire d'une exonération totale de droits de douane sur les marchandises, y compris les conserves de thon, qu'il exporte vers notre territoire.

 

Pour pouvoir bénéficier de cet avantage, cependant, il est normalement exigé que les conserves de thon en question soient véritablement originaires de Papouasie Nouvelle Guinée, c'est-à-dire produites à partir de thon pêché, soit dans les eaux territoriales de ce pays, soit hors celles-ci mais par ses navires.

 

Comp-che-09.2010.JPGDe gauche à droite sur la photo : les trois députés européens, Struan Stevenson, Alain Cadec et Guido Milana.

 

Pourtant depuis 2008, une dérogation à ces règles permet à la Papouasie Nouvelle Guinée de produire des conserves "originaires" avec du thon qui peut être pêché n'importe où et par n'importe qui et dont il est impossible de tracer l'origine.

 

Je suis indigné face à une situation de concurrence déloyale pour la pêche et l'industrie européenne de transformation du thon. La Papouasie Nouvelle Guinée est devenue en très peu de temps le paradis des conserveries asiatiques de thon. Des pays comme la Chine et les Philippines profitent de la brèche ouverte par la Commission européenne pour développer de manière exponentielle les conserveries, qui à terme pourraient faire de la Papouasie-Nouvelle-Guinée le seul pays transformateur de thon au monde. C'est une aberration pour la production et la conserverie européenne.

 

J’estime que cet accord va trop loin dans la libéralisation du commerce. Je ne remets pas en cause la nécessité des accords de partenariats économiques pour le développement, mais je tiens à souligner que les conserveries concernées n'emploient qu'un très faible taux de population locale et que des milliers emplois européens sont directement menacés. On est en droit de se demander si ce n'est pas au développement des Philippines ou de la Chine que la Commission européenne veut contribuer.

 

Il faut absolument que cet accord de partenariat soit modifié. Je m'efforcerai aux côtés de ma collègue Carmen Fraga au sein du Parlement européen de faire modifier cet accord de partenariat.

 



Mercredi 29 septembre 2010 3 29 /09 /Sep /2010 16:58
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