Partager l'article ! Session d'automne 2008: discours.: Monsieur le Président, Mes cher(es) collègues, Le 9 août derni ...
à Bruxelles :
alain.cadec@europarl.europa.eu
+32 228 45765
Parlement européen
Bureau ASP 13E103
60 rue Wiertz - 1047 Bruxelles - Belgique
à Saint-Brieuc :
02 96 62 22 79
Permanence parlementaire
4 boulevard Clemenceau - 22 000 Saint-Brieuc
Monsieur le Président,
Mes cher(es) collègues,
Le 9 août dernier, notre ami Michel LAMARCHE nous a quittés.
Michel s'en est allé vaincu par la maladie qu'il combattait avec courage et lucidité.
La maladie, Michel n'avait jamais cessé de la combattre tout au long de sa vie de médecin.
Michel était un homme apprécié et reconnu pour sa gentillesse, ses qualités humaines d'écoute et de disponibilité qu'il mettait généreusement à disposition de ses patients et de ses administrés.
Ces qualités lui avaient valu la reconnaissance électorale de la population de son canton depuis 1994, date à laquelle il avait rejoint les bancs de cette assemblée et notre groupe.
Cette confiance lui avait été renouvelée en 2001 et encore brillamment en mars dernier lors des élections municipales et cantonales.
Je veux ici au nom de notre groupe rendre hommage à Michel et témoigner à son épouse et à ses enfants notre profonde compassion dans le deuil qui les frappe.
Michel était un pilier de notre groupe. Nous pouvions toujours compter sur lui. Ses analyses et son regard sur les politiques sociales de notre collectivité étaient pour nous très précieuses.
Notre collègue Annick AMICE a aujourd'hui la lourde tâche de lui succéder dans cette assemblée. Nous ne doutons pas un instant qu'elle sera digne de ce mandat de Conseiller général et qu'elle saura se mettre, comme Michel, au service de la population du canton de Broons.
Monsieur le Président, s’agissant des élections sénatoriales qui se sont déroulées hier nous ne pouvons que prendre acte que les résultats ont été conformes aux prévisions et qu’ils sont le reflet des élections municipales et cantonales de mars dernier. Le rapport Droite/Gauche a été respecté, ce qui démontre même si certains avaient pensé le contraire que ce clivage est bien réel. Je tiens à féliciter et à souhaiter bonne chance ici au nom du groupe à notre collègue Yannick BOTREL ainsi qu’à Gérard Le CAM et Madame CHEVEE. Ils représenteront notre territoire au palais du Luxembourg, je ne doute pas qu’ils sauront se mettre au service des élus locaux costarmoricains au-delà des clivages politiques au sein de la haute assemblée.
Monsieur le Président, au fil des années, ma remarque ne vous surprendra pas, notre session de septembre s'appauvrit et devient de plus en plus une séance de communication de rapports d'étape, de rapports d'activité, de points d'avancement que sais je ?
Nous prenons surtout acte et nous délibérons peu.
Je ne conteste pas l'intérêt de ces rapports d'information, ils sont nécessaires et souvent consécutifs à nos demandes.
Mais suffit-il par exemple de prendre acte de l'avancement du nouveau schéma des personnes âgées pour relever le défi du vieillissement de la population dans notre département et créer les places d'accueil manquantes en établissement pour les personnes très dépendantes.
Je vous rappelle tout de même quelques chiffres que vous ne contesterez sûrement pas :
- La population des plus de 85 ans va doubler d'ici à 2015 dans notre département.
- "Au moins 1 500 personnes dépendantes, dont 800 à 1 000 de façon urgente, sont en attente de place en établissement". "Ce chiffre doit même être assez fortement majoré" écrivez-vous dans votre rapport.
Oui, il y a urgence d'agir quand je relève que le Pays de Saint-Brieuc comportera à l'horizon 2010 le plus grand nombre de personnes de plus de 85 ans du département mais qu'il possède aujourd'hui le taux d'équipement le plus bas du département et un nombre de places d'accueil inférieur à la moyenne départementale.
S'agissant de la prise en charge de la maladie d'Alzheimer, l'urgence est là également lorsqu'une projection présentée en 2006 par vos services fait état de 13 700 malades à l'horizon 2010 dans notre département et 15 500 en 2015 et qu'on dénombre seulement actuellement 70 places d'accueil de jour pour tout le département.
Quelles réponses en terme d'accueil et de prise en charge notre collectivité va-t-elle apporter rapidement aux personnes très dépendantes, aux malades d'Alzheimer et à leurs familles ?
Voilà un vrai sujet de débat que je n'ai pas retrouvé dans la liste des thèmes des rencontres Côtes d'Armor 2020 de juin dernier.
A ce propos, les vraies urgences, les vrais défis, les vrais enjeux de notre département ont-ils été abordés par cette opération soutenue par une communication à guichets ouverts.
En mai 2006, au lancement de cette opération, vous écriviez : "la réflexion devra âtre la plus concrète possible et déboucher sur l'identification d'un certain nombre d'enjeux majeurs ainsi que sur des projets et propositions opérationnelles à mettre en œuvre budgétairement au cours des prochaines années".
Très bien, mais où sont ces projets et ces propositions ?
Cela fait deux ans que vous multipliez les colloques, les séminaires, les conférences et les rencontres en tout genre. J’ai bien essayé de comprendre le planning illisible, la seule chose que j’ai retenue c’est que tout cela doit déboucher sur la réalisation d’un film. En effet, quel cinéma !!!
Pourquoi pas une telle opération ? Ce type d’enquête permet d’obtenir des données prospectives intéressantes afin de déterminer certaines politiques à mettre en œuvre. Mais pas à n’importe quel coût…..
Certains chiffres et certaines réponses font tout de même réfléchir
Les enjeux majeurs et les handicaps sur lesquels notre collectivité va devoir concentrer ses efforts ont déjà été clairement identifiés dans toutes les enquêtes réalisées.
Le tableau qu'elles dressent de notre département "n'est pas rose". Il est même très sombre :
- Vieillissement de la population,
- Exode des jeunes,
- Manque d'attractivité du département,
- Fragilité du tissu industriel et tertiaire,
- Manque de diversification économique…
J'observe qu'un projet d'orientations et de propositions doit être présenté à notre assemblée fin 2008.
Mais n'est-ce pas trop tard
- Pessimisme chez les chefs d'entreprises consultés par la Chambre de commerce,
- Difficultés du monde de la pêche exprimées à travers la décision de l'armement Porcher de "jeter l'éponge",
- Forte augmentation de + 11% du nombre de redressements et liquidations judiciaires sur les six premiers mois de l'année,
- Ralentissement sévère dans le secteur de la construction,
- Mauvaise saison touristique,
- Recul nettement plus faible du nombre des demandeurs d'emploi sur un an en Côtes d'Armor à la fin juillet 2008 (- 0,5 %) qu'au niveau national (- 2,6 %) et en Bretagne (-3,1 %).
Je pourrais encore souligner la forte baisse de 30 % sur les trois premiers trimestres de l'année 2008 par rapport à 2007 du nombre des dossiers d'aides départementales à l'industrialisation et à l'emploi.
Tous ces éléments atténuent sérieusement l'autosatisfaction habituelle dont vous faites preuve sur la conjoncture économique départementale.
Non, les Côtes d'Armor ne sont malheureusement pas cet îlot rose de prospérité protégé de tous les remous économiques.
L'attractivité de notre département que vous n’avez pas su générer est une condition impérative du développement économique d'un territoire.
Or, les décideurs économiques ayant répondu à l'enquête d'Armor Synergie en mai 2007 pointent le défaut d'attractivité du territoire des Côtes d'Armor parmi les sujets importants pour l'avenir du département et de ses entreprises.
Ce constat inquiétant nous interroge alors que vous êtes depuis 30 ans aux commandes de notre département et que vous ne cessez de vanter notamment la qualité du réseau routier départemental ou la qualité de vie en cotes d’armor.
Les routes, fussent-elles de qualité, ne sont pas tout.
D'autres facteurs doivent être intégrés comme par exemple la couverture et l'accessibilité de tous les foyers costarmoricains et de toutes les entreprises aux nouvelles technologies et à l'Internet haut débit voir très haut débit.
En mai 2006, lors du lancement de la procédure de Délégation de Service Public, soit il y a plus de 2 ans, le rapport annexe indiquait : "la réalisation du réseau haut débit devra se faire dans un délai garantissant la mise en service du réseau au plus tard 24 mois après la date de notification de la convention de concession".
Le rapport 3.3 présenté à notre session précise que vous avez signé cette convention le 20 juin dernier seulement alors que le conseil général a approuvé le 31 janvier 2008 les termes de la convention de concession. Pourquoi vous a t il fallu 5 mois pour signer cette convention ?
Aujourd'hui nos concitoyens dans de nombreuses zones s'impatientent et réclament à juste raison le droit d'accéder à tous les services du haut débit : Internet, téléphone, télévision.
J’attends votre réponse.
Monsieur le Président, l'un des grands dossiers de cette session est sans conteste le RSA, le Revenu de Solidarité Active cher à Martin HIRSCH.
"L'ambition du RSA ne peut être que saluée" écrivez-vous. Permettez-moi de me réjouir de cette affirmation. Enfin une réforme voulue par le président SARKOZY que vous saluez.
C'est vrai que le RSA du gouvernement Fillon qui succède au RMI du gouvernement Rocard donne la priorité au travail sur l’assistance. L'insertion durable sur le marché du travail devient un objectif premier pour les bénéficiaires du RSA grâce au revenu supplémentaire garanti pour ceux qui reprennent une activité professionnelle.
Dans les 34 territoires où il a été expérimenté, soulignaient récemment dans une tribune commune Xavier BERTRAND et Martin HIRSCH, "le RSA augmente en moyenne de 30% le taux de retour à l'emploi des bénéficiaires du RMI, par rapport à ce qu'on constate là où l'expérimentation n'a pas eu lieu".
Ici, je pense bien évidemment à notre département où l'expérimentation s'est avérée convaincante.
L'autre aspect du RSA, c'est qu'il ne constitue pas une charge nouvelle pour les départements même s'il faut être vigilant sur le financement de l'extension du public éligible aux bénéficiaires de l'Allocation de Parent Isolé (API).
Un autre dossier plus local m’inquiète tout particulièrement, il s’agit de l’extension du port du Légué.
Qu’en est il de ce dossier qui a été réinscrit au PPI ?
Où sont réellement nos priorités en matière d’équipements départementaux ?
Les services auraient ils tiré la sonnette d’alarme quand à notre capacité en investissement ?
Nos charges de fonctionnement dont nous dénonçons l’augmentation quasi exponentielle depuis des années auraient elles atteint un tel niveau que nous en serions comme je l’ai dénoncé à l’occasion de la dernière session budgétaire a vivre au dessus de nos moyens ?
Vous devez nous dire la vérité Monsieur le Président. Nous dire quels projets vont passer à la trappe.
Quid donc du projet du grand légué qui conditionnera une partie du développement économique du pays de st Brieuc pour les cinquante ans à venir. Le gel de ce magnifique projet serait un coup dur pour l’agglomération briochine et plus encore pour les Côtes d'Armor.