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undefined Monsieur le Président,
Cher (es) Collègues,
 
Une nouvelle fois, l'année a commencé pour notre département par un drame de la mer. Un an après celui du "Manureva" de Saint-Cast Le Guildo,  le naufrage de la "Petite Julie" d'Erquy est venu endeuiller le monde de la mer et attrister tous les costarmoricains. 
Permettez-moi au nom de notre groupe de témoigner notre compassion aux familles des marins costarmoricains et portugais disparus. Nous partageons leur peine et leur détresse devant la disparition insupportable d'un père, d'un mari, d'un fils. 
Je voudrais redire ici notre admiration pour tous les marins pêcheurs de notre département qui tous les jours exercent au péril de leur vie l'un des métiers les plus dangereux qui soit. 
Difficile Monsieur le Président après cette évocation de disserter sur  le budget 2008 de notre collectivité et son contexte, celui notamment de l'avenir des départements.
Le Président de la République a clairement affirmé que dans les propositions du rapport « ATALI » il ne retiendrait pas celle qui consiste à faire disparaître les départements, d’autres strates du millefeuille sont sans doute à remettre en cause. 
L'ancien Président du Conseil général des Hauts de Seine connaît trop bien le rôle pivot des départements dans l'organisation décentralisée de la République : chef de file de l'action sociale, aménageur des routes départementales, constructeur et gestionnaire des collèges publics, partenaire essentiel du développement des communes,  communautés de communes et communautés d’agglomération. 
Réjouissons-nous d'avoir à la tête de l'Etat un défenseur des départements plutôt qu'une Présidente de Conseil régional qui, elle, était décidée sans état d'âme à les enterrer au profit des régions. 
Le budget 2008 que vous nous proposez, le dernier de la mandature, ne restera sans doute pas dans les annales. Il apparaît bien fade. 
Il nous donne la mauvaise impression d'avoir été bouclé à la va-vite avant les élections avec beaucoup de crédits reconduits à la hausse sur des politiques qui sont insuffisamment évaluées notamment certaines politiques facultatives que vous qualifiez de volontaristes. Il n’en reste pas moins vrai qu’elles sont bien facultatives. 
Ce budget, comme tous les ans, est de plus marqué par une absence de volonté de maîtriser certaines dérives financières récurrentes que nous dénonçons régulièrement. Il comporte enfin des priorités qui d'une année sur l'autre à quelques mots près sont pratiquement les mêmes. 
Quelle différence véritable par exemple entre "l'amplification des actions pour la formation tout au long de la vie" priorité légitime du budget 2007 et "accompagner la formation tout au long de la vie" priorité du budget 2008 ? 
J'en souris presque, si ce n'est que des priorités affichées pour ce budget sont démenties par des décisions incohérentes soumises à l'assemblée au cours de cette session. 
"Promouvoir un aménagement équilibré du territoire départemental" : qui peut être  contre?  Voulez vous qu’il fasse beau demain ? Nous sommes évidemment tous pour. 
Mais on ne comprend pas où est l'aménagement équilibré du département quand on propose de supprimer l'aide départementale destinée aux communes et communauté de communes des zones rurales pour la commercialisation de leurs espaces d’activité et d'accroître parallèlement l'aide pour l'extension des zones d'activités d'intérêt départemental en zone urbaine. Une égalité de traitement eut été plus en phase avec un aménagement équilibré du territoire départemental. 
On comprend surtout que cette décision va déséquilibrer le territoire départemental et affaiblir le tissu économique et artisanal. 
Pourquoi supprimer une politique qui favorise la création d'emplois et l'implantation d'entreprises dans les cantons ruraux ? 145 emplois ont été créés entre 2005 et 2007 avec l'intervention de ce dispositif. 
La nouvelle politique que vous nous proposez, si elle est mise en œuvre telle qu’elle est prévue, ralentira la croissance économique de ces zones et dans les cas les plus graves réduira à néant les efforts entrepris par les élus et découragera les investisseurs potentiels. 
Nous avons une conception de l’aménagement du territoire basé davantage sur l’équité entre les zones rurales et les zones urbaines en totale contradiction avec ce qui nous est proposé. 
Pourtant, si je ne m'abuse, l'une des priorités affichées dans le rapport de présentation de ce budget est bien le "développement solidaire et durable de l'économie costarmoricaine" ? 
En réalité, il s'agit là surtout d'un affichage médiatique. Les 3,7 Millions d'Euros de crédits prévus en 2008 pour la politique départementale d'industrialisation et d'emploi représentent seulement 0,65 % du budget global du Conseil général pour cette année.
Des éléments objectifs devraient retenir toute votre attention.
Toutes les catégories de personnes sondées dans le cadre de l'opération Côtes d'Armor 2020, élus, costarmoricains, jeunes, décideurs économiques convergent pour dire que trouver un emploi est difficile dans les Côtes d'Armor : 71% des jeunes et 85% des costarmoricains enquêtés l'affirment. 
Tous dénoncent encore le manque de diversification de l'économie départementale, la fragilité du tissu industriel et le défaut d'attractivité en terme d’emploi du territoire costarmoricain. 
Seize activités nouvelles seulement se sont implantées en 2007 dans notre département à la suite de la prospection menée par Côtes d'Armor développement, soit 8% des projets identifiés. Maigre bilan pour le bras armé économique du département qui réussit mieux dans la statistique et la cartographie que dans l’implantation et la création de bonnes conditions d’accueil pour les entreprises. Même si je veux bien reconnaître qu’il n’est pas chose facile que d’attirer des entreprises. 
Je veux bien que l'économie costarmoricaine soit solidaire et durable. Non seulement je le veux bien mais comme tous ici je le souhaite ardemment. Mais soyons réaliste. C'est un vœu pieux et d'abord un effet d'annonce. Car les faits sont là incontestables et s'accumulent sur la véritable situation économique de notre département : 
- Plus de 3000 emplois ont disparu dans l'industrie en Côtes d'Armor entre 2000 et 2006 selon une étude récente sur l'emploi industriel. 
-  Le niveau du chômage de longue durée est supérieur à celui des départements voisins. 
- La presse a rappelé récemment que notre département est le plus pauvre de la région Bretagne.
 
- Le chômage des jeunes de moins de 25 ans reste dramatiquement supérieur à la moyenne régionale. 
Comment dès lors s'étonner que les jeunes costarmoricains à l'âge du premier emploi préfèrent s'exiler pour trouver du travail ailleurs et que l'exode des jeunes soit devenu une véritable plaie pour l'avenir de notre département. 
Ainsi force est de constater que l’échec du département est patent au plan économique. 
Vous n'avez pas réussi à éviter la "saignée" de l'emploi industriel costarmoricain ces dernières années faute d'avoir aidé au développement d’une politique efficace de diversification du tissu économique costarmoricain. 
Vous n'êtes pas parvenu à juguler l'exode des jeunes costarmoricains faute d'avoir accompagné les décideurs économiques à travers une véritable politique d'implantation de nouvelles entreprises dans notre département. Une fois de plus je vous le redis le développement économique ne se décrète pas il se construit avec les chefs d’entreprises.
 
 
Vous n'avez pas non plus corrigé le défaut d'attractivité de notre territoire départemental dont se plaignent tous les décideurs économiques, ni réduit l'écart d'attractivité avec les départements voisins qui ont gagné près de 2 fois plus d'habitants que les Côtes d'Armor depuis 1999. 
Parmi les priorités affichées pour ce budget dans le rapport de présentation de cette session, la prise en charge de la dépendance n'apparaît nul part. 
Nous avions déjà souligné cette carence, grave à nos yeux, en rappelant que dans les propositions thématiques de « Côtes d’Armor 2020 » il n’y avait quasiment rien sur le vieillissement de la population sur la dépendance et sur le handicap.
J’ose espérer que cet oubli ne traduit pas un désintérêt face au vieillissement de la population et ses conséquences inéluctables sur les politiques départementales à venir ? 
A notre humble avis la priorité des priorité reste l’accompagnement et la prise en charge de nos aînés, en particulier le développement de l'accueil de jour pour les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer afin de soulager un peu les aidant familiaux. La réduction des délais d'instruction des demandes de Prestation de compensation du handicap doit aussi être un objectif prioritaire. 
Il s'agit là à nos yeux de besoins essentiels pour les familles des personnes dépendantes et handicapées concernées. 
Plus fondamentalement, je veux poser là le débat sur notre engagement en faveur des politiques facultatives ou volontaristes comme vous voulez et l'exercice des compétences légales transférées à notre collectivité par les lois de décentralisation successives. 
 
Après tout, pourquoi notre département ne s'engagerait-il pas, comme l'Etat, dans la révision de toutes ses politiques publiques : volontaristes, facultatives, légales ?
Je sais que vous approuvez la démarche réformatrice de l'Etat pour ses services déconcentrés et notamment la réorganisation de ses directions régionale et départementale. Alors pourquoi ne pas engager cette réflexion et mettre en œuvre ce vaste chantier dans notre collectivité ?
 
Cela permettrait sans doute au département de dégager plus de moyens financiers pour appliquer ses compétences légales comme l'aménagement et l'entretien du réseau routier départemental et mettre en œuvre le schéma Armoroute par exemple.
A ce titre, je m'étonne et je déplore qu'il n'y ait aucun rapport consacré à Armoroute à cette session alors qu'il y a un an à la session du budget 2007 nous avions décidé que ce schéma serait adopté en janvier 2008. 
Pourquoi avoir consacré une séance extraordinaire à Armoroute en mai dernier à grand renfort d'experts et de médias pour en arriver là. 
Je veux croire que ce n'est pas l'incapacité du conseil général à engager des crédits importants qui empêche ce nouveau plan routier départemental d'être soumis au vote de l'assemblée départementale à l’occasion de cette session. 
Je veux croire que la priorité d'investissement pour les prochaines années n'a pas été seulement donnée au schéma de couverture haut débit dont par parenthèses je m’interroge sur ce qui a présidé au choix de l’opérateur tout cela au détriment du schéma Armoroute. Cela n'aurait aucun sens puisque l'un comme l'autre visent les mêmes objectifs dans leur domaine : désenclaver et aménager le territoire départemental. 
Monsieur le Président, si les crédits d'investissement routier manquent à l'appel je constate que vous savez comme chaque année en mettre beaucoup dans le fonctionnement et l'administration générale. 
Vous n'oubliez également jamais de ponctionner un peu plus les contribuables costarmoricains : encore + 2% cette année. 
Bien entendu, vous allez vous dissimuler derrière l'alibi commode de la décentralisation pour justifier cette septième hausse consécutive des impôts départementaux depuis 2002. 
Non, décidément, ce budget n’est pas fait pour nous convaincre que les priorités que vous affichez sont pertinentes pour le développement du département et le bien être de nos concitoyens. 
Pour terminer M le Président je voudrai vous dire ceci : ce matin dans la presse j’ai lu qu’à travers le scrutin des élections cantonales vous appeliez à sanctionner la politique du Président SARKOZY. Hé bien nous nous appelons simplement les électrices et les électeurs Costarmoricains à sanctionner votre politique, celle que vous appliquez à notre département puisqu’il s’agit bien la que vous le vouliez ou non d’un enjeu départemental.
 
Je vous remercie.

Vendredi 1 février 2008 5 01 /02 /Fév /2008 12:35
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