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Session du Conseil Général.
Lundi 12 novembre
 
Monsieur le Président,
Cher(es) collègues,
 
Pour commencer je voudrais rendre hommage à notre collègue Yves DOLLO qui nous a quitté ce samedi après de longs mois de souffrances.
Yves était un homme juste et droit. Toute sa vie d’élu il a été au service de ses concitoyens et son dynamisme était souvent cité en exemple. Il se trouve que nous avions noué des relations d’amitié à travers sans doute des passions communes, la mer le sport le foot en particulier mais nous partagions aussi un amour immodéré pour notre ville et notre département. Son ouverture d’esprit et sa cordialité étaient bien connues. Il savait faire la part des choses délaissant le combat politicien au profit de l’intérêt général. Il détestait le sectarisme et je ne résiste pas à cette anecdote qui dépeint à merveille ce qu’il fut : un homme de cœur. 

Le lendemain de ma défaite aux élections législatives il fut l’un des rares élu, de gauche comme de droite à me téléphoner pour me faire part de sa sympathie et me rappeler son amitié.
A son épouse, à ses enfants le groupe de l’opposition adresse ses plus sincères condoléances.
 
Je voudrai également adresser nos vœux de prompt rétablissement au Président LEBRETON.
 
Mes chers collègues, le 6 mai dernier, les françaises et les français ont décidé de suivre le chemin de la modernité plutôt que celui de l'immobilisme, celui de la réforme plutôt que celui de l’archaïsme.
Fidèle aux engagements pris, le Président de la République et le Gouvernement, avec le soutien de la majorité parlementaire, mettent peu à peu en œuvre les contours d'un nouveau contrat social fondé sur le travail, le mérite et l'égalité des chances.
 
La France a trop longtemps attendu pour entreprendre ces réformes. Les grands pays émergeants que sont la Chine, l'Inde ou le Brésil vont de l’avant sans se soucier des incidences produites par leur croissance exponentielle sur notre système de protection sociale, notre marché du travail, nos retraites notre agriculture et notre environnement. Tous les jours ils nous inondent de leurs produits à faible coûts et nous imposent leur capacité d'innovation et leur très forte productivité au mépris de quelconques règles économiques ou environnementales. 
La mondialisation implique aujourd'hui des réformes courageuses, trop longtemps repoussées, que la gauche au pouvoir n'a jamais eu la volonté d’entreprendre.
 
Je pense à la réforme du régime de retraites des salariés du secteur privé réalisée par les Gouvernements Balladur et Raffarin. 
Je pense encore à la réforme des régimes spéciaux de retraites. Elle est "nécessaire et inévitable", comme l'a dit le sénateur socialiste Claude Domeizel. Le principe en a d’ailleurs été approuvé à l'unanimité par le bureau national du PS en septembre.
 
Aujourd’hui les Français disposent dans tous les domaines importants d’un projet clair et ils veulent qu’il soit appliqué tel qu’il a été présenté pendant la campagne électorale.
 
Loin de ces préoccupations, le Parti socialiste critique tout et ne propose rien. L’urgence de l’heure c’est de masquer ses divisions internes.
 
Trois exemples : le traité simplifié européen, la réforme des institutions et le défi énergétique et climatique.
 
Nicolas Sarkozy a défendu le traité européen simplifié lors du sommet de Lisbonne. A Paris, François Hollande approuve la ratification du traité par voie parlementaire, Arnaud Montebourg fait des effets de manche et annonce une crise prostatique pour le congrès. D’autres réclament à cor et à cri un référendum pendant que le secrétaire général du P.S. chargé de l’Europe claque la porte de la rue de Solférino avec fracas. En Bretagne la cacophonie est aussi assourdissante entre le Président de Région qui est favorable à la ratification parlementaire et le Président du conseil Général des Cotes d’Armor qui plaide pour un référendum.
Quelle zizanie ! 
Dans la presse régionale du 1er novembre (O.F.)Jean Marc Ayrault faisait une remarque frappée au coin du bon sens quand il déclarait "Ce n'est pas la peine de s'obstiner à demander un référendum. Les français ont tranché puisqu'ils ont élu Nicolas Sarkozy qui a dit pendant la campagne, qu'il n'organiserait pas de nouveau référendum".
La réforme des institutions n’inspire pas davantage le parti socialiste. Le premier secrétaire est hostile aux propositions avancées par la commission Balladur tandis que Jack Lang ne voit pas comment des démocrates lucides pourraient refuser les avancées contenues dans les travaux de la commission de réflexion.
Le département s’est penché lors de sa dernière session sur le défi énergétique et climatique. Bonne idée dans la mesure où il intègrera à son niveau dans « Côtes d’Armor 2020 » les mesures annoncées par le Président de la République suite au « Grenelle de l’Environnement »José Bové, Nicolas Hulot, les Verts, tous ont salué chacun à leur manière le pas de géant que la France fait faire à la cause de la planète.
Le Président de la République veut faire de la France "le leader des énergies renouvelables.
 
Il place également l'agriculture "au cœur des défis de la planète" en prônant une véritable agriculture durable avec des objectifs importants que la gauche plurielle n'a jamais eu l'audace de mettre en œuvre lorsqu'elle était au pouvoir :
Diviser par deux l'utilisation des pesticides d'ici 10 ans (rendons toutefois justice à Jean GLAVANY alors Ministre de l’Agriculture d’avoir eu le courage d’interdire l’atrazine).
Faire progresser fortement la part de l'agriculture biologique en la portant à 20% en 2012 contre 2% actuellement. 
Geler les cultures OGM et voter une nouvelle loi en 2008 qui s'appuiera sur le principe de précaution
 
De même, le groupe de travail Côtes d'Armor 2020 réfléchit toujours aux moyens de soutenir l'économie tandis que le gouvernement a déjà annoncé des mesures :
Un projet de loi de modernisation de l'économie sera présenté au Parlement afin de permettre à la France de créer le point de croissance qui lui manque.
Un nouveau plan de soutien aux petites et moyennes entreprises a été lancé par le Premier Ministre afin de leur permettre de se développer aussi bien que les entreprises concurrentes de même taille et créer des emplois.
 
La diversification de l'économie est stratégique pour l'avenir de notre département. Le gouvernement s'y emploie par les mesures déjà prises au niveau national.
A l'échelle départementale, à l'inverse, on semble être dans une position plus passive. Mais peut-on encore attendre alors que beaucoup de clignotants économiques sont au rouge dans notre département ?
Les industries électronique et informatique souffrent. On l'a encore vu ces jours derniers avec la situation difficile vécue par les salariés d'Alcatel-Lucent à Lannion. 
L'emploi industriel est globalement en recul.
Les dépôts de bilan et les redressements judiciaires sont repartis à la hausse : +9 % de juin 2006 à juin 2007.
 
Monsieur le Président, peut-on encore prendre le temps de réfléchir à des hypothèses de travail, peut-on continuer à multiplier les colloques sous l'égide de Côtes d'Armor 2020 alors que le tissu industriel costarmoricain se délite et qu'aucune proposition concrète de diversification de l'économie départementale n'a émergé pour le moment de cette opération ?
 
Dans un autre registre, Côtes d'Armor 2020 fait complètement l'impasse sur un défi majeur auquel est confronté notre département : celui du vieillissement de la population.
Aucun groupe de travail n'y est consacré.
 
Au niveau National le Président de la République et le Gouvernement prennent à bras le corps le problème.
 En matière d’insertion vous imputez généralement notre échec à la faiblesse des crédits consentis par l’Etat. Vous devrez modifier votre discours quand vous aurez obtenu la délégation des crédits du Fonds social européen afin de mettre en œuvre le nouveau Plan départemental d'insertion sur la période 2007 – 2013.
 
Voilà pourquoi, nous vous demandons de nous présenter chaque année un bilan précis de toutes les opérations de ce programme afin que nous puissions mesurer notre capacité à réinsérer durablement les allocataires du RMI.
Le Président de la République a annoncé des engagements forts devant les Français le 2 octobre dernier lors de son déplacement à Dijon :
Lancement d'un "Grenelle" de l'insertion
Lancement d'un contrat unique d'insertion pour remplacer tous les contrats aidés actuels.
Engagement d'une réflexion sur la fusion des minima sociaux.
Expérimentation du Revenu de Solidarités Actives chère à Martin Hirsch.
 
Nous nous félicitons d’ailleurs que notre département ait été retenu pour expérimenter ce dispositif innovant.
Cependant, il y a quelques semaines, vous avez affirmé "Cela représente un point de fiscalité supplémentaire pour notre département" (OF 4/10/2007).
 
Nous pensons qu’il est possible de conduire une politique d'insertion efficace sans augmenter les impôts. D'autres départements y parviennent.
Pourquoi pas nous ? C'est sans doute une question de volonté politique .
En avez-vous réellement une Monsieur le Président ? 
Permettez nous d'en douter.

Lundi 12 novembre 2007 1 12 /11 /Nov /2007 18:01
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