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Déc 01

Intervention session du 30 novembre 2015

Mes chers collègues,

 

Les défis qui se présentent à nous sont aussi grands qu’exaltants, la mission qui nous attend sera aussi ambitieuse que passionnante.

 

Je reviens brièvement sur les conclusions de l’audit de fonctionnement qui viennent de vous êtres présentées.

 

Je souhaite dès le début être très clair : ce qui fonctionne doit être consolidé, ce qui fonctionne mal doit être revisité.

 

Je ne m’attarderai que sur quelques points forts :

 

– Une organisation générale qui est lourde, avec des processus internes qui peuvent être longs et souffrir d’un manque de transparence.

 

– Une fonction ressources humaines dont le mode de fonctionnement doit être totalement rénové. Il s’agit là de la pierre angulaire de notre collectivité.

 

– Des politiques publiques qui méritent d’être modernisées à l’aune de la nouvelle répartition des compétences et des moyens contraints dont nous souffrons.

 

– Des politiques publiques qui doivent naturellement être en adéquation avec notre projet politique et notre vision de la collectivité.

 

– Des politiques publiques qui doivent être respectueuses de la bonne gestion des deniers publics et qui ne doivent pas être génératrices de doublons comme cela peut parfois être le cas aujourd’hui.

 

– Enfin, des politiques publiques qui doivent repositionner l’usager au cœur de nos préoccupations et qui doivent être le reflet de notre principale mission : le service au public.

 

– Cet audit met également en lumière un processus de territorialisation qui comporte des effets positifs mais qui demeure inachevé.

 

Je veux parler de ce sujet librement alors qu’à l’époque je n’y étais pas favorable. Mais à la place qui est la mienne aujourd’hui, je dois être animé par l’esprit de responsabilité. Les Maisons du Département existent, notre majorité souhaite donc que les agents qui y travaillent se sentent bien au service des usagers.

 

Je m’arrêterais là pour ce qui concerne les conclusions de l’audit de fonctionnement. En somme, vous l’aurez compris, notre Département ne peut plus intervenir « partout, sur tout et pour tous », pour reprendre la formule de mon prédécesseur. Cette époque est révolue.

 

 Session audit de fonctionnement.

Chers collègues, nous devons retrouver le chemin de la responsabilité et de l’efficacité.

 

A la lumière des audits financiers et de fonctionnement, la conclusion est sans appel en ce qui nous concerne : si nous voulons sauver notre Institution, nous allons devoir la réformer en profondeur.

 

Car en réalité, deux choix s’offrent à nous : nous pourrions mettre la poussière sous le tapis, attendre de l’Etat d’hypothétiques aides, faire comme si de rien n’était, pire… attendre que les départements disparaissent.

 

Non. Nous préférons l’audace de la réforme, nous voulons être au rendez-vous du mandat qui nous a été donné par les Costarmoricains. Tous ici nous sommes des élus de terrain, nous croyons à l’échelon de proximité qu’est le Département.

 

Alors nous réformerons pour bâtir le Département de demain.

 

Aussi, je veux vous livrer mon intime conviction :

 

– Le modèle économique sur lequel le Conseil départemental est adossé est à bout de souffle. Il devient nécessaire et urgent de bouger pour ne pas subir. Nous devons nous projeter pour trouver un modèle qui nous permette de dessiner un nouveau visage du Département, un Département qui retrouve le goût de l’avenir.

 

– Nous allons dégager des orientations claires, nous donner les moyens de les assumer pour apporter une qualité de travail à nos agents et assurer un service public de qualité.

 

– Nous ne devons plus subir nos politiques publiques, nous devons les choisir en les organisant de manière vigoureuse, cohérente et optimale, en ayant toujours à l’esprit le sens des responsabilités car chaque Euro dépensé est un Euro des Costarmoricains. Toutes nos politiques publiques doivent bien évidemment s’inscrire dans la logique de solidarité sociale et territoriale si chère à notre majorité.

 

– Je vous le disais, nous devons construire le Département de demain. Ce ne sont pas de vains mots de ma part, c’est au contraire une volonté de miser sur l’avenir. A mon sens, l’enseignement supérieur, la recherche, l’innovation sont une des clés de cet avenir départemental.

 

Notre territoire recèle de compétences et de pépites qu’il faut mettre en mouvement et en cohérence. Notre plus bel atout, c’est notre jeunesse, nous devons lui donner tous les moyens de s’épanouir et de bâtir l’avenir des Côtes d’Armor.

 

C’est pour cette raison que nous avons mis en place une mission qui sera chargée de nous proposer une vision départementale de l’enseignement supérieur et de l’innovation, vision que nous devons partager avec l’ensemble des acteurs de notre territoire car la politique du cavalier seul est insoutenable et irresponsable. L’idée est bien évidemment de renforcer l’attractivité de notre Département mais également de valoriser ses spécialités de pointe, voire de permettre d’attirer des talents chez nous.

 

 Session audit de fonctionnement.

 

Mes chers collègues, j’en viens maintenant à la réforme. Je souhaite expliciter la méthode qui va être la nôtre. Toutes nos politiques publiques seront concernées et réinterrogées.

 

Tout d’abord la réforme budgétaire. Dès la restitution de l’audit financier et l’annonce des 100 millions que nous allons devoir économiser sur notre fonctionnement, nous avons fait le choix de repartir de zéro à travers une réforme budgétaire. Quel est son esprit ? Réinterroger nos politiques en remettant la politique au cœur de l’action publique.

 

Une nouvelle majorité est arrivée aux responsabilités, elle doit mettre en œuvre ses propres priorités et construire un budget que l’on qualifie « base zéro ». C’est ainsi que j’ai demandé à chaque vice-président de proposer sa feuille de route de mandature à la lumière de la situation budgétaire contrainte que nous subissons. Tout ce travail de construction piloté par le vice-président aux finances doit nous permettre de proposer à notre assemblée un budget neuf et audacieux les 14 et 15 mars prochains. Dans une période de contraction budgétaire, il faut savoir faire des choix et les assumer. Nous les assumerons !

 

Ensuite, la réforme des Ressources Humaines. A la lumière de l’audit de fonctionnement et de la loi NOTRe, cette réforme est indispensable. Là encore, je souhaite une méthode claire et transparente.

 

Il y a le temps actuel de l’analyse : l’audit et les questionnaires envoyés à tous les agents. A cet égard, je me réjouis du succès de l’opération puisque ce sont 650 questionnaires qui nous ont été retournés. Chacun d’eux est traité et analysé par une équipe dont je salue le travail. Une restitution sera faite à l’ensemble des agents. Je peux vous assurer que les remarques collectées sont prises en compte et analysées finement.

 

Il y aura ensuite le temps du dialogue social auquel je suis très attaché. J’ai donc demandé au 1er Vice-président de lancer cette étape de consultation des organisations syndicales pour installer le cadre de discussions de la réforme RH dès cette fin d’année. Dans notre esprit, le dialogue social ne sera pas qu’une posture, je peux vous l’assurer.

 

session 30-11-3

Viendra enfin le temps de la décision politique. Dès le début du premier trimestre 2016, les grandes politiques seront annoncées.

Je le vois quotidiennement dans les MDD ou au Siège, nous devons redonner du souffle à notre collectivité !

 

Enfin la réforme sociale. Tous les agents du pôle social que je croise dans les MDD ou au siège m’en parlent, cette réforme est attendue, parfois avec appréhension mais souvent avec envie.

 

Quelle est la situation actuelle ? Une inadéquation entre les moyens et les missions, des agents surchargés, un exercice de tâches qui ne relèvent pas du Conseil départemental, des délais de traitement parfois supérieurs aux délais légaux … Je pourrais malheureusement multiplier ces exemples.

 

Un groupe de travail ad hoc, composé d’agents brassant les différentes catégories et filières, sélectionnés par les soins des vice-présidentes au cours de leurs visites de terrain ou dans l’exercice de leur travail au sein du pôle social, a été mis en place pour faire des propositions.

  

Leurs propositions, issues d’un travail collectif et confidentiel, doivent être faites à la lumière des dispositions législatives et réglementaires, des partenariats, des contraintes, avec une exigence qui nous tient à cœur : maintenir un niveau de service public de qualité. Avec les vice-présidentes, nous serons très vigilants à cette exigence de service rendu à la population. Il nous appartiendra de nous prononcer sur les propositions formulées. Je saurai prendre mes responsabilités.

  

Parallèlement, une réflexion sur la territorialisation devra être menée, en étudiant les moyens de l’améliorer. Je le disais, le processus est aujourd’hui engagé, il faut l’achever dans les meilleurs conditions. Il faudra sans doute tenir compte du redécoupage en cours des intercommunalités, une fois que leurs périmètres seront définitivement stabilisés.

  

Vous le voyez mes chers collègues, la feuille de route est ambitieuse mais elle est réaliste. Mon souci est de donner un cap, un cap clair, sans équivoque ni artifice.

 

Notre majorité est au travail tout simplement parce qu’elle veut être fidèle à ses engagements. A l’heure où la parole politique est souvent décrédibilisée, nous avons là une formidable opportunité de démontrer qu’un élu ça sert à quelque chose, ça sert à se retrousser les manches pour sauver une collectivité départementale qui a de l’avenir !

 

Je vous remercie.